Une soirée sur l'écologie populaire
Le 31 janvier 2007, à partir de 18h30,
Dans une salle remplie, une soixantaine de personnes ont écouté les témoignages d’acteurs porteurs de projets concrets d’écologie populaire.
Alain Lipietz (photo), tout juste rentré du Forum Social Mondial de Nairobi, a ouvert la soirée en tirant son bilan du déroulement du FSM, dans l’ensemble positif, avec une prédominance du thème de l’écologie et également une présence massive de délégations catholiques à Nairobi. Matthieu Mellul et Pierrick Judéaux ont ensuite présenté leur entreprise, Savoir des peuples, qui lutte pour défendre les savoirs des peuples traditionnels d’Amérique Latine contre la biopiraterie. Jean-Pierre Dardaud, président de l’ONG Frères des Hommes, a ensuite présenté la situation des sans terres en Inde, se faisant le porte-parole d’Ekta Parishad, mouvement indien de défense des Adivasis qui organisera, en octobre 2007, une marche de plus de 25 000 personnes en Inde, entre Gwalior et Delhi, sur le modèle de la marche du sel du Mahatma Gandhi en 1930. Michel Besson est intervenu pour le réseau Minga, association qui regroupe depuis 1999 des citoyens et des structures commerciales engagés dans le développement économique du commerce équitable, se montrant très critique vis-à-vis de la situation économique actuelle. Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris, a abordé la question de l’accès à l’eau et la nécessité de lutter contre sa privatisation de cette ressource fondamentale. Michel Bourgain, maire de l’Ile-Saint-Denis (93), a quant à lui parlé des pratiques développées dans sa commune, notamment le commerce équitable triangulaire, démontrant la nécessité permanente de faire le lien du local au global dans une optique d’écologie populaire. Mohammed Taleb enfin, philosophe et historien, a conclu les débats en abordant la question de l’écologie populaire dans une optique philosophique plus large. La salle a pu ensuite poser des questions aux intervenants avant de se voir offrir un mafé.
En pleine campagne présidentielle très franco-française, cette soirée a démontré l’intérêt qu’éprouvent certains de nos concitoyens à penser l’écologie à travers le monde dans une optique de transformation sociale par et pour les peuples les plus déshérités de la mondialisation économique. Des expérimentations populaires écologistes des pays du Sud comme des pays du Nord ont pu lors de cette soirée rencontrer un public attentif qui sera, je l’espère, de plus en plus nombreux. Des acteurs de terrain ont également partagé leurs expériences et démontré que l’écologie politique ne se résume pas à verdir les pratiques économiques et politiques en cours, mais bel et bien à lutter tous les jours, auprès des peuples et avec les peuples, contre un système global d’accaparation prédatrice des ressources naturelles et qui résume le vivant à sa seule valeur marchande.