Au pilori les pauvres!

Publié le par Ben

Le projet de loi dit « prévention de la délinquance », présenté par l'excité de Beauvau, a été adopté de façon éclair en deuxième lecture, le jeudi 11 janvier 2007 au Sénat.

De « prévention » ce texte n’en garde que le nom, ne faisant au contraire qu’accentuer la répression en accumulant de nouvelles incriminations pénales. Ainsi ont été créés les délits d’embuscade et de guet-apens contre les personnes dépositaires de l’autorité publique, désormais punissables de dix ans de prison, ou encore le délit punissant le « happy slaping », enregistrement et diffusion vidéo d’images relatives à une agression préméditée.  

Ce projet de loi liberticide du Ministre de l’Intérieur a été l'objet de constantes aggravations tout au long des débats parlementaires. Toute la logique de ce texte ne se fonde que sur le tout répressif, venant stigmatiser des catégories entières de la population devenues les « nouvelles classes dangereuses ». Ainsi des dispositions attentatoires aux droits des personnes mais surtout anticonstitutionnelles ont été introduites afin d'expulser plus facilement les gens du voyage. En effet, elles permettent leur évacuation forcée en donnant compétence à l’autorité administrative au détriment de l’autorité judiciaire.

Les dispositions les plus menaçantes pour nos libertés publiques, comme l’obligation faite aux travailleurs sociaux de rompre le secret professionnel en divulguant au Maire des informations confidentielles sur les usagers des services sociaux, ou encore les dispositions dénaturant le sens de la justice des mineurs au mépris de l’esprit de l’ordonnance de 1945, ont été conservées. Le Maire, voyant sa fonction de médiateur profondément pervertie, devient une sorte de Shérif de la République, premier agent de délation et de répression de l’Etat, au détriment de sa fonction de protecteur et de médiateur de ses administrés.

Par contre, après l’Assemblée nationale, la majorité parlementaire du Sénat a rejeté tous les amendements visant à prévenir et sanctionner les infractions économiques et financières, montrant bien que la délinquance en col blanc a encore de beaux jours devant elle. Le "happy slaping", c'est tellement plus grave que les détournements de fonds des grandes sociétés ou les comptes au Luxembourg, non? En tous cas, on sait quelle population on frappe: Toujours la même, les pauvres et précaires, certainement pas les politiques délinquants. N'est-ce pas monsieur Estrosi?

C’est bien la preuve que ce projet de loi discriminatoire a pour seul et unique objectif, de désigner à la vindicte populaire les personnes les plus précaires et les "étrangers", dans une perspective électoraliste de braconnage sur les terres frontistes.
Une nouvelle fois, le gouvernement cherche à masquer son impéritie en matière de gestion du pays en clouant au pilori certaines catégories de la population, devenues les boucs émissaires bien commodes d’une législature à bout de souffle, malgré les gesticulations permanentes de Sarkozy.  

Ainsi j'invite tout le monde à participer aux manifestations contre ce texte liberticide inique, prévues le mardi 23 janvier, à partir de 14h, un peu partout en France, suite à l’appel du Syndicat de la Magistrature.

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Publié dans Actualité Bin Jamin

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