"Le chômage pour les Nuls"

Publié le par Ben

De Villepin et Chirac s'en gargarisent en ce moment, de même que l'ensemble de notre gouvernement. Ouaih, le chômage baisse! Mortel! Comment ils sont forts nos gouvernants! En septembre, le taux de chômage officiel était ainsi de 8,8% de la population active, soit 2 129 300 chômeurs. Et pourtant il paraît que les Français broient du noir. Pourtant c'est un bon chiffre non?
 
Alors, comme en la matière on nous prend vraiment pour des cons, allons donc voir ces chiffres de plus près:
En fait, les calculs officiels permettant d'arriver à ces chiffres ne prennent en compte que la catégorie 1 des demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE. Si l'on veut faire preuve d'un minimum de précision, il faut y ajouter les 1 421 000 chômeurs des catégories 2, 3, 6, 7, 8, et les 404 000 DRE, les seniors de plus de cinquante-cinq ans "dispensés de recherche d’emploi". Continuons en ajoutant les 160 000 chômeurs en formation ou en maladie, donc pas disponible immédiatement (classés en catégorie 4) et une partie de la catégorie 5, soit 110 000 personnes, correspondant aux chômeurs en emploi aidé. Il ne faut pas non plus oublier les demandeurs d’emploi des départements d'outre-mer, soit quelques 160 000 personnes pour la seule catégorie 1, exclus, de manière tout à fait arbitraire, des statistiques officielles chaque mois.

En comptabilisant tous ces chiffres, on dépasse allégrement les 4,5 millions de chômeurs, ou personnes exclues du marché du travail, c'est à dire plus du double des chiffres qui nous sont agités sous le nez, plus de 16% de la population active.


Ce qui est fort de roquefort, c'est qu'une enquête récente du service statistique du ministère de l’emploi,
la DARES, donc tout ce qu'il y a de plus officiel, confirme ces dires et avance un chiffre pratiquement identique. D'après la DARES, début 2005,
il y avait en France plus de 4 300 000 personnes "potentiellement indemnisables", c’est-à-dire inscrites à L’ANPE en catégorie 1,2,3,6,7,8 ou dispensées de recherche d’emploi, donc non inscrites. La DARES a de plus "oublié" dans son enquête les chômeurs des DOM. Avec eux on arrive de même à 4,5 millions de personnes.

Mais il ne faut pas oublier non plus toutes les personnes non inscrites dont il est difficile de dégager une statistique car sans domicile fixe, titulaires des minima sociaux autres que le RMI où l’ASS, personnes sans droit à allocation, conjoint(e) sans ressource, jeunes de moins de 25 ans, etc. Sans exagérer, voire même en minimisant, il y a donc en France en 2006 environ 6 millions de chômeurs, soit 20% de la population active et 10% de la population totale.

La baisse des chiffres du chômage que le gouvernement nous brandit à tout va résulte en grande partie de l’augmentation des emplois aidés, donc précaires, et de la très forte augmentation du nombre de radiations. Pour preuve, en 1995, il y avait 5 000 radiations mensuelles. En 2006, c'est entre 35 000 et 40 000 radiations par mois de l'ANPE. Pour les six premiers mois de l’année 2006, 100 000 emplois ont été créés tandis que les chiffres du chômage ont baissé de 300 000. Cherchez l'erreur!

Alors voilà! Si certains veulent voter UMP en 2007 parce que notre gouvernement actuel aurait réussi à faire "baisser" le chômage, il faut leur faire un dessin. Ouhouh, on se réveille! Il ne s'agit pas non plus de donner un blanc seing au PS qui ne s'est pas vraiment montrer efficace entre 1997 et 2002, puisque la seule méthode qui prévalait alors était celle de l'emploi aidé (emplois jeunes).

Si la seule occupation de nos hommes politiques est de tripatouiller des chiffres pour faire croire qu'ils travaillent, autant donner les clefs de l'Elysée et de Matignon à l'INSEE. Ce sont de vrais pros eux en matière de chiffres.

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Publié dans Actualité Bin Jamin

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N
Sans oublier les expatriés qui galèrent en faisant des petits boulots précaires et qui, à ce titre, peuvent rentrer dans ces calculs!!!
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