Sans papiers de Poitiers : réponse musclée des autorités

Publié le par Ben

Sur 359 sans papiers en lutte à Poitiers, 98 dont 23 femmes avaient entamé une grève de la faim depuis le 29 mai 2006 (voir autre article plus bas).

Devant la détermination des grévistes, la préfecture de Poitiers avait annoncé des régularisations  « au cas par cas » sur la base de la circulaire du 13 juin: d’abord 15 grévistes, 70 au total ont ensuite été régularisés. Ces derniers jours, il restait 45 grévistes de la faim dont 4 femmes.

Ils ont été expulsés à 6h ce dimanche matin (2 juillet) de l’école St Louis où ils allaient entamer leur vingt-sixième semaine de grève de la faim. Une vingtaine d’entre eux ont été hospitalisés au CHU de Poitiers tandis que 15 autres étaient relâchés dans la nature avec des explications succinctes, non traduites dans leur langue, sur le processus de réalimentation progressive qu’ils devaient maintenant engager pour retrouver la santé.

Ce matin, la République a une nouvelle fois montré l’exemple par la politique des gros bras (comme en 1995 lors de l’expulsion de l’Eglise St Bernard puis ensuite à maintes reprises). Des compagnies de CRS ont débarqué, fracassé les portes et expulsé de l’école Saint Louis manu militari les grévistes de la faim. Néanmoins à leur décharge, il n’y aurait pas eu de violences d’après les témoignages et des ambulances étaient présentes pour prendre en charge les sans papiers trop affaiblis par leur grève.

Auparavant, au 33éme jour de la grève, l’équipe des médecins avait envoyé une lettre à la préfecture pour faire part de leur inquiétude concernant le pronostic vital de certains grévistes et qu’il y avait des « risques graves » en cas d’éventuelle évacuation. Ils avaient également demandé « une solution humaine acceptable pour éviter un drame ».

Une fois les grévistes de la faim jetés dans la rue, l’officier de police en charge de cette affaire a proposé au nom du Préfet 3 solutions : « Les pompiers conduisent chaque gréviste chez lui », une hospitalisation collective, ou en cas de refus de ces deux propositions, une mise en garde à vue des grévistes par la police mais sous antenne médicale. Après près d’une heure de négociations, les grévistes ont décidé et proposé aux forces de l’ordre une hospitalisation collective dans le même établissement.

Les nombreuses personnes qui s’étaient mobilisées pour ces sans papiers s’inquiètent désormais de leur sort. Certains grévistes non hospitalisés, désespérés, voulaient continuer leur grève de la faim, voire entamer une grève de la soif pour en finir une fois pour toute. Quoi qu’il en soit, ces sans papiers sont désormais choqués et isolés.

Quid de leur sort ? Doit-on attendre un mort pour envisager une solution acceptable par les deux parties ? Encore une fois est-ce impossible de traiter ces gens avec le minimum d’humanité d’une République qui par ailleurs se targue d’être le berceau des droits de l’homme.

Samedi 1er juillet, une manifestation a eu lieu entre Bastille et Bercy à l’appel d’Uni(e)s contre une immigration jetable et le réseau RESF contre la loi sur l’immigration de Sarkozy et la multiplication des rafles et des expulsions. Elle a heureusement réuni près de 50 000 personnes (photo).




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Publié dans Actualité Bin Jamin

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