Quand Georges fâché, lui toujours faire ça

Publié le par Ben



Le 22 novembre 2005, le quotidien britannique Daily Mirror invoque, mémorendum retranscrivant les propos à l'appui, une conversation qui aurait eu lieu entre George W. Bush et Tony Blair au cours de laquelle le président américain indiquait clairement sa volonté de bombarder le siège de la chaîne de télé Al-Jazira, basée au Qatar.

Pour la petite histoire, les locaux de la chaîne satellitaire ont déjà été bombardés par les forces américaines le 12 novembre 2001 à Kaboul et le 8 avril 2003 à Bagdad. Il y a de quoi rendre paranoïaque plus d'un journaliste. Attention, si toi pas gentil avec chef yankee dans un reportage ou un article, lui te péter la gueule et brûler ton bureau.

Vous vous souvenez du commandant Sylvestre des Guignols. Il a pris les commandes de la Maison Blanche, et il va "tout péter". C'est une façon étrange d'envisager la liberté de la presse. L'armée américaine aurait pu aussi bombarder TF1 qui a salué le courage de Chirac lorqu'il s'est opposéé à la guerre en Irak et regorge en son sein de multiples Ben Laden en puissance: Jean-Pierre Pernaud, le Ben Laden de l'impôt, Bataille et Fontaine, les Ben Laden de la ménagère adultère, Arthur, le Ben Laden de l'humour en général et du bon goût en particulier, et  la liste est longue. Mais pardon, je divague. On parle de liberté d'informer. Pour la liberté d'abrutir, le consensus ne fait pas défaut.

Sur cette affaire grave en tous cas, Tony Blair a su réagir avec toute la verve, la sagesse et le courage politique qu'on lui connaît. S'est-il adressé à son homologue américain en lui déclarant: "Non là, tu déconnes Georgio"? Plus fort encore: les autorités britanniques ont interdit à
la presse de publier des informations sur le contenu du mémorandum classé "top secret", dans lequel Tony dans un excès de bon sens aurait dit à Georges "mollo sur le destroy" quand lui trouver chaîne arabe pas gentille vis-à-vis de sa guerre du Bien contre le Mal.

Voilà, le Daily Mirror ne doit pas diffuser ces infos top secrètes. Au moins la Maison Blanche, avec la subtilité qu'on lui connaît depuis maintenant cinq ans déjà (le temps passe hein?), a déclaré à propos de cette soi-disant conversation que justement elle n'avait "rien à déclaré" et que tout cela était "farfelu". Voilà au moins une défense efficace: on nie tout. Jamais le Président américain n'aurait eu l'intention de bombarder Al-Jezira. Alors que Tony Blair en opposant à la presse une vieille loi de 1985 sur les "secrets officiels" a un peu l'image du gamin qui vient de se faire surprendre les doigts dans la confiture.


Le procureur général britannique, Lord Golsmith, a fait pression sur le Daily Mirror qui a du coup accepté de ne plus publier d’informations sur cette éventuelle conversation surréaliste.

De son côté, Al-Jazira mène son enquête sur la véracité du contenu de ce mémorendum qui ferait tout de même cinq pages. Forcément, si les deux autres fois où elle s'est faite bombardée par les forces américaines, c'était délibéré, elle pourrait réclamer quand même quelques dommages et intérêts. 

En tous cas pas de procès d'intention. On sait que Georges est un garçon calme, et qu'il aime bien les Arabes. Si sa langue a fourché, faisons comme Tony: on calme l'excité en le caressant dans le sens du poil et en soulignant que bombarder la chaîne arabe la plus regardée dans la région pourrait attirer quelques représailles. On oppose ensuite aux esprits chagrins, toujours en train de chercher la petite bête, le "top secret" sur la discussion au sommet.

Alors aux journalistes d'Al-Jezira, je leur dis: Ne restez pas au Quatar, ça peut devenir dangereux. Venez à TF1 ils embauchent. Aucun danger encouru, ce n'est pas de l'information. Et ils doivent augmenter leurs quotas de "minorités visibles", Mouss Diouf ne suffit plus, même en remplaçant Julie Lescault. C'est Chirac qui l'a dit suite à la crise des banlieues.


Pour des infos plus sérieuses sur le sujet, voir l'article de Reporters sans frontières.

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Publié dans Actualité Bin Jamin

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